Qu'on se le dise, l'olivier, au départ, est un buisson ; s'il n'est pas taillé (formé) il restera buisson.
L'olivier est aussi bien cultivé pour sa beauté que pour ses fruits. En effet, en particulier sur la côte méditerranéenne, lequel d'entre nous n'a pas au moins un olivier comme arbre d'ornement
dans son jardin ?! Par rapport à d'autres arbres et arbustes, il a l'avantage de ne pas perdre ses feuilles si vous le placez près d'une piscine ou d'une terrasse.
Adapté au pire
Le climat méditerranéen est très rude pour les végétaux. L'olivier est parfaitement adapté à ces conditions souvent extrêmes. Il supporte les sécheresses estivales, les froids hivernaux et
sait profiter des pluies de printemps et d'automne pour épanouir ses fleurs et ses fruits. L'olivier a la même robustesse qu'un pachyderme, mais vit bien plus long-temps !
Le feuillage
L'épiderme supérieur de la feuille d'olivier est luisant et coriace pour ralentir au maximum l'évapotranspiration. Il joue le rôle de capteur de l'énergie solaire qui lui permet, par le biais de
la photosynthèse, de produire les glucides qui vont nourrir l'arbre.
L'épiderme inférieur est recouvert de poils qui capturent l'humidité et la mettent à disposition des stomates, les "bouches" végétales.
Non content de modifier la position de son feuillage, il "respire" en fonction des conditions climatiques. Des capteurs électroniques installés sur les branches maîtresses montrent que leur
diamètre augmente dès qu'un nuage cache le soleil. En quelques instants, l'arbre passe du statut de centrale solaire à celui de récupérateur d'humidité. Les glucides et l'eau se mêlent et cette
sève élaborée alimente les fruits et les racines. Cette stratégie lui permet de survivre dans des conditions extrêmes.
Une souche à toute épreuve
Le meilleur moyen d'estimer l'âge d'un olivier n'est pas de mesurer sa taille mais d'observer son tronc. Un arbre de quinze ans peut atteindre huit mètres de haut dans un sol riche et humide,
dépassant ainsi beaucoup de sujets millénaires qui poussent dans la roche calcaire.
Le jeune arbre a un tronc lisse et bien rond, son aîné est ridé, noueux, tourmenté. Parfois, des "caries" se sont formées et ont détruit l'intérieur de l'arbre qui vit alors "sur pilotis".
Avec l'âge, le tronc ressemble de plus en plus à une souche. D'ailleurs, l'olivier fait partie des rares végétaux qui survivent à un enterrement. On observe parfois lors d'une transplantation que
l'arbre possède deux souches superposées. Partiellement enterré des dizaines d'années plus tôt, il a émis de nouvelles racines directement à partir du tronc et ainsi reconstitué une nouvelle
souche.
Les racines
Le système racinaire d'un olivier adulte est très différent de celui de la plupart des arbres. Le tronc s'épaissit sous la terre et émet quantité de racines dépassant rarement quelques
centimètres de diamètre ainsi que des millions de radicelles se développant dans les premiers centimètres du sol.
Ce système souterrain évoque celui des palmiers, des bulbes et autres plantes caudiciformes. Un organe central stocke les réserves et une multitude de radicelles actives assurent l'alimentation
en air, en eau et en sels minéraux.
Il se dit également que les racines d'oliviers fabriquent un antigerminatif naturel qui empêche la pousse d'autres arbres à proximité ainsi que la germination des olives tombées à terre. La
ronce, seule, parvient à recouvrir les arbres abandonnés avant de faire place à la forêt.
La floraison
La floraison des oliviers ne dure qu'une semaine entre mai et juin, mais quelle floraison ! Chaque arbre produit des centaines de milliers de fleurs et de dizaines de milliards de grains de
pollen.
Contrairement à la plupart des plantes qui fleurissent plus longuement et confient aux insectes le soin de transporter leur semence, les oliviers se servent du vent pour assurer rapidement leur
descendance.
Si certaines variétés sont autofertiles, c'est-à-dire que leur propre pollen féconde facilement leurs ovaires, d'autres émettent du pollen plus ou moins abondant ou stérile et sont fertilisés par
des arbres d'autres variétés pollinisatrices.
Les olives vertes, tournantes ou noires
Toutes les olives, si on les laisse sur l'arbre et qu'il ne gèle pas, deviendront noires. Certaines variétés sont
cueillies précocement (dès le début septembre pour la Salonenque) pour la production d'olives vertes de table. Entre le 15 octobre et la fin de l'année selon les variétés, les fruits commencent à
changer de couleur. On parle alors d'olives "tournantes", ce stade est celui de la récolte de la majeure partie des olives destinées à produire l'huile.
Pour obtenir des fruits totalement noirs, il faut attendre beaucoup plus longtemps (jusqu'en mai parfois).
Une vitalité exceptionnelle
La capacité de stockage de l'énergie des oliviers est telle que l'on peut parler d'immortalité potentielle. Après un gel sévère ou un incendie, les arbres adultes repartent généralement du tronc
ou de la souche. Pour venir à bout de cette vitalité exceptionnelle, il faut que le sol soit gelé en profondeur, inondé durablement, qu'on arrache la souche ou qu'on la recouvre de bitume ou de
béton.
Les oliviers ont longtemps été cultivés sur les terres sèches et peu fertiles des collines, les sols plus féconds étant réservés à des productions exigeantes et plus rentables pour l'agriculteur.
Ils s'accoutumaient bon an mal an de ces conditions de culture plutôt spartiates.
Les primes à l'arrachage des vignes et à la plantation des oliviers ont quelque peu modifié la donne. Les coteaux produisent toujours les meilleures huiles tandis que les vallées épargnées par
l'air froid stagnant sont peu à peu complantées d'oliviers. Cultivés dans ces conditions favorables, leur production et leur rapidité de croissance sont multipliées mais produisent une huile au
fruité plus "dilué".
En fait, l'olivier est un sage qui sait se contenter de peu, mais qui apprécie une alimentation équilibrée. Il suffit donc d'éviter tous les excès, notamment les excès de fumure ou d'humidité
pour obtenir des arbres sains et productifs.
Pas si frileux qu'on ne le croit
Aux alentours de Digne, des oliviers sont repartis après des températures de - 25 ° C en 1985. Ces arbres ne sont pas réellement des végétaux frileux, mais leurs fruits, situés à l'extérieur de
l'arbre, sont très sensibles aux gels modérés (- 8° C).
La véritable ennemie des oliviers est l'asphyxie due à l'humidité stagnante. Nul besoin du froid pour faire pourrir un arbre vénérable, une fuite dans un arrosage intégré suffit à transformer en
marmelage orangée une souche centenaire. Tous ceux qui souhaitent planter des oliviers dans des climats plus humides que celui qui sévit en Méditerranée doivent donc impérativement soigner le
drainage.
A noter : la résistance au froid des oliviers est proportionnelle à leur âge. Les plantations de l'année grillent à - 10 ° C tandis que leurs aînés tolèrent - 20 ° C si le coup de froid
n'est pas trop précoce, trop tardif, trop long ou trop brutal.
Comme exemple de problème dû au gel, voir article sur Février
1956.
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